J'ai assiste hier matin à la session "Retour d'expérience" et en particulier à la présentation de Mme Daniela Cermesoni de l'Universita degli Studi dell'Insubria "Time to harvest : electronic theses and dissertations in Italy". C'était fort agréable d entendre un accent chantant dans ce congres ou la majorité des participants sont anglo saxons... Plus sérieusement cette présentation a retenue mon attention car les similitudes avec la France sont nombreuses.

Une différence majeure cependant : l'Italie en est encore a une phase d'étude et de recommandations et non a un système en production.

Tout a démarré en mars 2006 lorsque la "CRIU" conférence des recteurs des universités italiennes, (sorte de CPU italienne j'en conclue) a mis en place un groupe de travail sur les thèses électroniques. Ce point me parait crucial : en Italie la demande émane (ou du moins a été portée sur la place publique) par des instances "politiques" (et non par des instances techniques).

A noter que les thèses électroniques ont été choisies pour amorcer le dossier plus global des archives ouvertes : elles serviront de "laboratoire" avant que le dispositif soit étendu aux autres types de documents.

Pour en revenir aux thèses, on retrouve en Italie la volonté de profiter de l'opportunité du passage à l'électronique pour rationaliser les circuits de dépôt de documents. Une différence majeure cependant : ce sont les deux bibliothèques nationales (Rome et Florence) qui sont en charge du dépôt légal des thèses : obligation d'archivage pérenne et obligation de mise à disposition (consultation sur place uniquement).

En Italie, il semble encore plus urgent qu'en France de passer a l'électronique car le dispositif actuel (tout papier) n'autorise pas le PEB ni les photocopies.

Vous aurez compris que l'Italie en est encore au stade du projet : le groupe de travail n'a pas rendu toutes ces conclusions. Un guide de dépôt des thèses électroniques dans les répertoires institutionnels a été rédigé en novembre 2007 pour accompagner les universités désireuses de se lancer dans le projet. Voici quelques éléments qu'il préconise :

  • les thèses concernées sont les thèses après soutenance.
  • le passage a l'électronique ne va pas changer les obligations légales des deux bibliothèques nationales qui devront assurer l'archivage pérenne des documents. A charge donc pour les universités de se consacrer a la problématique de la diffusion.
  • le groupe de travail préconise l'utilisation de métadonnées qui permettent une interopérabilité avec l'étranger. Dubin Core est une base indispensable. La, j'avoue être un peu restée sur ma faim : nous n'en saurons pas plus pendant cette présentation...
  • le format requis pour déposer le document thèse n'a pas encore été tranché. Probablement PDF/A parce qu'il est en train de devenir un standard européen pour l'archivage pérenne. Au sein du groupe de travail, certains plaident cependant pour XML tout en reconnaissant qu'il faut dans ce cas que le même groupe de travail soit en mesure de fournir aux doctorants des outils pour produire un XML correct...
  • le protocole d échange entre les bibliothèques nationales et les universités a été choisi : il s'agit d'OAI-PMH. Les universités qui ne disposent pas de moissonneur OAI pourront télécharger (par FTP ?) à la demande une thèse en particulier.

Les tiraillements juridiques semblent être peu ou proue les mêmes qu'en France : comment concilier les droits des auteurs ? l'accès aux documents publics ? les dépôts éventuels de brevets ? les exigences de confidentialité posées par les entreprises qui ont co-financés les travaux de recherche... ?

Pour consulter le guide de dépôt des thèses électroniques dans les répertoires ( pour ceux qui parlent italien...) voir : www.criu.it et en particulier le "Linee guida per il deposito delle tesi di dottorato negli archivi aperti"

Isabelle Mauger Perez